Pourquoi pas une TVA sociale ?

 

La dette publique atteignant un chiffre rond, celui de 1 000 milliards d’euros, elle a donné lieu à quelques commentaires. Jamais pour culpabiliser le citoyen, de toute manière, rien ne doit et ne saurait l’inquiéter. Pour être précis, les comptes insee font état de 992 milliards au 31 décembre 2003, contre 887 milliards un an plus tôt : c’est dire que le trou grossit rapidement. Dans ce montant, sont comptés 31 milliards au titre de la sécurité sociale. Justement, la santé publique sera le sujet de ces prochaines semaines avec des annonces, des contre annonces, des propositions controversées, enfin le cirque habituel dont on imagine le dénouement. Personne ne sera satisfait, politiques de tous bords et catégories sociales se seront invectivés une fois de plus et le gouvernement, en bon toutou et pour ne déplaire à quiconque tout en mécontentant tout le monde, parviendra à une solution bancale, compliquée, sans régler la question au fond.

Evidemment, les conflits porteront sur les financements car personne n’entend parler du niveau des prestations pas plus que des économies possibles. Pourtant, à entendre les uns et les autres, on sait qu’à elles seules, elles suffiraient à éponger les 15 milliards de pertes annuelles car ils ne représentent « que » quelques pour cent des dépenses totales, pour reprendre l’expression d’un syndicaliste.


Donc, concernant le financement, l’assiette de la CSG sera élargie et de cette manière, ceux qui paient déjà beaucoup, paieront encore un peu plus.
Pourrait-on faire autrement ? Oui, d’abord en réduisant les abus, mais ce n’est même pas envisageable : les coupables traduiraient l’Etat devant les tribunaux et obtiendraient réparation car les droits sont sacrés. En faisant des économies de gestion ? Même constat. Alors, on pourrait chercher à asseoir les cotisations sur d’autres éléments que les salaires et revenus. J’avais été frappé, il y a quelques années par la réflexion d’un ami qui me disait qu’il ne comprenait rien au calcul du taux de croissance et qu’il aurait été  plus juste de ne mesurer que la consommation. Car, tous les revenus, d’où qu’ils viennent finissent par être dépensés. Et si la consommation va bien, c’est que l’économie va bien. Il y a effectivement énormément de revenus qui échappent à tout contrôle : ceux de l’économie souterraine et ils sont très importants et tous ceux qui ne sont sujets à aucune déclaration. Qui n’est pas surpris de voir des gens, sans revenus officiels, vivre tout à fait correctement ?


Alors, au lieu de taxer les salaires, ce qui revient à accroître le coût du travail, donc à le considérer comme variable d’ajustement puis à délocaliser, instituons une TVA sociale sur la consommation. Les produits importés la subiraient, ce serait une excellente chose. On ne pourrait plus parler de concurrence déloyale. La réduction des coûts du travail favoriserait l’emploi et l’exportation. Les secteurs à forte main d’œuvre, ne seraient plus pénalisés. Evidemment, tous les consommateurs la paieraient mais elle serait compensée par une diminution des prix de revient, donc logiquement des prix de vente. Et puis, il ne serait pas interdit de moduler le taux pour favoriser les produits de première nécessité. Ceux à forte valeur ajoutée augmenteraient, ceux utilisant beaucoup de main d’œuvre baisseraient.
Il reste qu’une meilleure organisation des soins, ainsi qu’un contrôle de gestion seraient indispensables. Avec naïveté, je croyais que cela était moins difficile que de construire le pont de Millau, ou un A380, ou encore une centrale nucléaire : je me trompais.


Les choses sont sans doute un peu plus compliquées qu’ainsi décrites, mais d’autres avant moi ont suggéré cette idée. Si messieurs les économistes voulaient bien s’en donner la peine !
Le 26 avril 2004

 

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Préoccupé par une autre obligation, j'ai, un instant, envisagé d'ouvrir mon site à qui voudrait s'exprimer dans le format qui est le mien et dans le respect  des thèmes : économie, société et politique. Cela aurait permis d'ajouter des pages et de rompre avec une habitude qui peut être jugée comme une redondance.

J'y ai renoncé et j'espère, selon un rituel de 17 ans d'âge, continuer à publier quelques billets chaque mois. Donc pas de changement dans www.septiemejour.com

Merci pour votre fidélité.

On est fort

 

Après avoir augmenté les taxes sur les carburants, le gouvernement mettra en oeuvre des moyens de réduire la dépense pour certains automobilistes. Je ne veux pas savoir ce qu'il va inventer. Qu'ils sont bons ces énarques !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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