Dommage, il le fait mal


Plus rien n’y fait, le Président de la République a beau se démener, parler, expliquer, donner de sa personne, il n’est plus entendu. Pire, on le trouve mauvais malgré tous les talents oratoires qu’il est capable de déployer. Ses idées, son projet pour la France et pour l’Europe, ont séduit un peu plus de 20% des électeurs au premier tour de la Présidentielle et aidé par le destin, il a été élu, mais il ne sait pas faire. Son entourage, les membres de son gouvernement, son équipe de conseillers ultra diplômés, pourraient réagir, tirer des enseignements de leurs erreurs passées, car elles sont déjà nombreuses. Non, il a fallu que deux ministres d’Etat démissionnent pour que tout ce petit monde prenne conscience d’un dysfonctionnement, mais encore tout juste puisque une fois les deux ministres remplacés, les mêmes faux pas se renouvellent.

 


Emmanuel Macron a bénéficié d’un alignement des planètes tout à fait exceptionnel. Une envie de changement, ce qui a été appelé le « dégagisme », une attitude incroyable des responsables des droites et une prestation tout à fait brillante du candidat. Il faudrait ajouter une tendance au populisme qu’il ne cesse pourtant de condamner, mais promettre la suppression de la taxe d’habitation pour tout le monde, ou presque, a été le meilleur coup de sa campagne et c’est à partir de cette annonce que sa cote a progressé dans les sondages.


Traiter quelqu’un de populiste est devenu une insulte suprême si elle est destinée à un dirigeant. En effet, promettre au peuple une ristourne très importante sur les impôts au détriment d’une politique économique dont le socle repose sur les économies, relève bien d’une mesure populiste. La promesse du candidat est en cours de mise en œuvre, mais le Président n’est toujours pas populiste et il continue à faire la guerre à ceux qui le sont. Cette décision a mécontenté les Régions, les Départements et les communes : était-ce bien nécessaire ? Le Gouvernement est contraint de faire amende honorable mais il restera des traces. Car la mesure n’entraînera que des difficultés de gestion pour les communes sans parler des dispositifs de remplacement qui devront inévitablement être mis en place.


La réduction des charges sociales des salariés a été bien accueillie, mais où aller chercher l’argent pour la rendre possible ? Dans la poche des retraités par une augmentation de 1,7% de la CSG, mesure accompagnée d’un blocage de leurs pensions pendant plusieurs années. Le dixième d’une telle mesure pour les agents du public ou les employés de n’importe quelle grande entreprise, conduirait au blocage à l’infini de toute activité sur le territoire. Les retraités n’ayant aucun pouvoir d’action, ils paieront mais ils auront leur revanche plus tard. Quelle maladresse de la part de l’Exécutif !


Les économies n’étant pas à l’agenda du Gouvernement, il doit procéder à des impôts nouveaux et surtout à l’accroissement des taxes. Celles sur les carburants sont rémunératrices, mais quelle bêtise de les appliquer juste au moment de la flambée des prix du pétrole. Lorsque se décidait le budget 2018, n’importe quelle personne un peu informée était capable de prévoir à court terme une augmentation du baril de brent après une chute vertigineuse des cours. Appliquées à un pétrole bon marché, les taxes sont acceptées. Elles ne le sont plus lorsqu’il augmente. Les surdoués de l’Elysée pouvaient prévoir le déplacement des taxes à partir d’un seuil de prix des carburants.


Des bavures de la sorte sont légion. La réforme sur le Code du travail apporte quoi ? Celle de la SNCF n’a été qu’une séance de bras de fer avec les Cheminots et elle a coûté 800 millions d’euros à la collectivité. Que sera la réforme sur les retraites ? Elle n’apportera que des coûts supplémentaires.
Bref, à chaque fois qu’Emmanuel Macron touche à quelque chose, il le fait mal. Il y a des gens comme ça : ils ne savent rien faire de leurs mains.
Le 8 novembre 2018

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Actualité

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Préoccupé par une autre obligation, j'ai, un instant, envisagé d'ouvrir mon site à qui voudrait s'exprimer dans le format qui est le mien et dans le respect  des thèmes : économie, société et politique. Cela aurait permis d'ajouter des pages et de rompre avec une habitude qui peut être jugée comme une redondance.

J'y ai renoncé et j'espère, selon un rituel de 17 ans d'âge, continuer à publier quelques billets chaque mois. Donc pas de changement dans www.septiemejour.com

Merci pour votre fidélité.

On est fort

 

Après avoir augmenté les taxes sur les carburants, le gouvernement mettra en oeuvre des moyens de réduire la dépense pour certains automobilistes. Je ne veux pas savoir ce qu'il va inventer. Qu'ils sont bons ces énarques !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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