Une photo

(Ceci est une nouvelle en 5 pages)

 "Firmin, adulte, seul au monde, malheureux de ne pas connaître ses origines, s'invente une enfance pour se libérer de ses interrogations. Une fois réalisée, il apprend en partie ce qu'elle a été : il reste sans réaction."

Firmin ne se lassait pas de regarder cette photo ancienne trouvée par hasard. C’était une photo de famille datant des années de la dernière guerre, donc assez rare car, dans les campagnes, les appareils photographiques n’étaient encore connus que des professionnels. Celle-ci avait été prise par un Parisien de passage, voisin ou parent éloigné, qui avait su capter des visages dans un environnement, certes très habituel, mais qui témoignait d’une époque à mille lieues de celle d’aujourd’hui.

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Ils s’étaient aimés

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« J’écrirais une histoire d’amour » : c’est la réponse apportée par les hommes (surtout) qui souhaiteraient écrire mais ne le font pas par manque de temps.
J’ai écrit une belle histoire d’amour.
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La brume écrasait l’horizon sous un ciel en tenue de matin maussade. La mer n’était pas mieux assortie malgré des mouettes qui faisaient de leur mieux pour égayer un environnement qui peinait à cacher sa mélancolie. Les drisses des embarcations, ballottées par des mouvements incessants sans conviction, cinglaient bruyamment les mats métalliques pour se faire entendre. Pourtant, la vie semblait infiniment belle à François qui, silencieux, gardait fermement empoignée, la main d’Hélène qui ne s’était pas dérobée.

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L'étrange destin d'Antonin Marot

"Toute ressemblance avec une situation connue, serait ..."

« Bonjour Pierre », « Bonjour Monsieur », « Dites-moi, Pierre, passez-moi la revue de presse », « Oui, Monsieur. Où allons-nous ? », « A ma permanence ». Il était 7h30, et à la minute près Antonin Marot montait dans sa voiture de fonction que conduisait Pierre depuis … toujours sans doute. Monsieur Marot était Président du parti « Démocratie Chrétienne » et candidat à la présidentielle dont le premier tour se déroulerait le 23 avril.
De son appartement du VIIème arrondissement, son chauffeur n’avait qu’à prendre l’avenue Rapp,  enjamber la Seine par le Pont de l’Alma, gagner  l’Etoile, l’avenue de Wagram, le Boulevard de Courcelles le long du Parc Monceau et prendre la rue de Prony pour s’arrêter au numéro 25 où   son QG de campagne était établi. C’est l’itinéraire qu’Antonin Marot avait imposé à Pierre et s’il ne levait pas les yeux de ses journaux, il savait à tout instant où il se trouvait. C’était un modeste immeuble de bureaux bien éloigné en termes de surface de ceux qu’avaient loué ses concurrents car, malgré une certaine notoriété, son parti ne disposait pas des mêmes moyens.

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La chapelle

(une nouvelle en 4 pages)


Il était quinze heures et sans appréhension aucune, Vincent ferma son sac de voyage d’un geste rapide, certain de n’avoir pas à le rouvrir. Il ne craignait pas d’oublier quelque chose d’important ne s’étant pourtant contenter d’y ranger qu’une paire de chaussons, ses objets de toilette, un pyjama, un magazine et un livre. Quelques stations de métro, un changement à Montparnasse et il serait aux portes de l’hôpital de la Salpêtrière. Il devait se présenter avant seize heures dans le service de cardiologie cardiaque pour y subir une intervention à cœur ouvert le lendemain. Tout semblait calme dans cette grande maison où il était manifestement attendu. C’est avec une aide soignante antillaise qu’il fit connaissance mais le chirurgien viendrait plus tard. On peut dire vraiment « connaissance » car après avoir été invité à se mettre tout nu sur un plastique étalé sur son lit, la brave femme informa Vincent qu’elle allait procéder au rasage complet, des pieds au menton. L’exercice lui était familier et selon ses critères le patient lui semblait en bonne santé car dès le franchissement de la porte, Vincent l’entendit s’exclamer : « Allez voir celui de la 21, jamais je ne lui aurais donné son âge ! ».

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Une histoire de chasse

Ce texte est une NOUVELLE de 4 pages

C‘était un dimanche ordinaire. Pas tout à fait, cependant, pour Edouard qui, depuis très longtemps, s’adonnait à la chasse dont c’était l’ouverture. Il avait revêtu sa tenue surannée qu’il ne se décidait pas à renouveler. La gibecière délavée et fatiguée témoignait de longues années de service. A vrai dire il n’aimait pas véritablement la chasse, mais il avait dû accompagner son père dès l’âge de 12 ou 13 ans, malgré l’inquiétude de sa mère qui réitérait les mêmes conseils de prudence à son mari avant de partir. L’initiation à ce loisir était indispensable car un homme doit savoir chasser comme il fait le coup de poing si on lui manque de respect et comme il va à la guerre si la nation le lui demande : c’était une conviction forte et une autorité à laquelle on ne s’opposait pas. Edouard, depuis ses jeunes années n’avait jamais manqué une ouverture. C’était sa contribution à ce que son père avait voulu pour lui car il croyait lui devoir beaucoup dans l’éducation qu’il avait reçue. Son père décéda relativement jeune et, dans un certain sens, il était heureux qu’il n’ait pas eu le temps de constater le désintérêt de son fils pour l’exercice auquel, lui-même, avait consacré une grande partie de ses temps libres.


Pourtant, Edouard manifesta le souhait que ses deux fils l’accompagnent aussi le moment venu mais leur refus courtois ne le fâcha pas : une génération était passée. La chasse était un rite. Préparer le fusil et la cartouchière, sortir les bottes et les grosses chaussettes. Et puis, « cozac » le braque au poil très ras et aux oreilles pendantes n’attendait que ce moment. C’était un chien d’arrêt qui ne faisait pas de zèle, formé sur le tas si l’on peut dire. Il avait vite compris qu’il devait d’abord prendre du plaisir pour lui-même sans se soucier du service qu’il devait à son maître. Edouard et « cozac », poursuivant le même but, passaient du bon temps ensemble.

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Actualité

Non

Préoccupé par une autre obligation, j'ai, un instant, envisagé d'ouvrir mon site à qui voudrait s'exprimer dans le format qui est le mien et dans le respect  des thèmes : économie, société et politique. Cela aurait permis d'ajouter des pages et de rompre avec une habitude qui peut être jugée comme une redondance.

J'y ai renoncé et j'espère, selon un rituel de 17 ans d'âge, continuer à publier quelques billets chaque mois. Donc pas de changement dans www.septiemejour.com

Merci pour votre fidélité.

On est fort

 

Après avoir augmenté les taxes sur les carburants, le gouvernement mettra en oeuvre des moyens de réduire la dépense pour certains automobilistes. Je ne veux pas savoir ce qu'il va inventer. Qu'ils sont bons ces énarques !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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